#1/9 - Série

À l’aube d’une nouvelle ère ? L'enquête commence...

L’Intelligence Artificielle promet de changer notre monde... Une enquête indispensable pour y voir plus clair.

Écouter sur :

Apple PodcastsSpotify Deezer RSS
Publié le
Enregistré le
À l’aube d’une nouvelle ère ? L'enquête commence...
#IA

L’intelligence artificielle est partout. Dans nos téléphones, nos outils de travail, nos recherches, nos images, nos conversations, nos décisions parfois. Elle promet de nous faire gagner du temps, d’accélérer la science, de transformer l’économie, peut-être même de nous aider à résoudre certains grands problèmes de notre époque.

Mais plus elle avance, plus une impression étrange s’installe : on en parle sans cesse, et pourtant on ne sait pas toujours très bien de quoi on parle. Gadget ou rupture historique ? Outil ou infrastructure ? Progrès technique ou accélération d’un monde déjà sous tension ? Promesse d’émancipation ou nouvelle concentration de pouvoir ?

C’est le point de départ de cette série : une enquête en neuf épisodes pour essayer d’y voir plus clair. Comprendre ce que l’IA est vraiment, ce qu’elle change déjà, ce qu’elle exige matériellement, les intérêts qui la poussent, les imaginaires qui l’habitent, les risques qu’elle ouvre, et les choix qu’il nous reste peut-être à faire.

Une enquête sans verdict préétabli, mais avec une conviction : l’IA n’est pas seulement une technologie de plus. Elle agit comme un révélateur de notre époque, de nos rêves de puissance, de nos fragilités, de notre rapport au vrai, au travail, au vivant, et à l’idée même d’intelligence.

Premier épisode : la machine qui parle. Le moment où l’IA est sortie des coulisses pour entrer dans notre langue, dans nos usages, et dans notre intimité.

Au programme dans cette série :

1/ La machine qui parle, comment cette technologie a basculé dans nos vies.

2/ Qu'appelle-t-on IA ? Ce que c'est, et ce que ce n'est pas.

3/ AGI, le rêve et la peur, cette super-intelligence qu'on nous promet.

4/ La course et ses bâtisseurs, l'argent, le récit, ceux qui tiennent la barre.

5/ La mégamachine, le corps physique de l'IA, ce qu'elle consomme, ce qu'elle rejette.

6/ L'humain sous assistance, ce que ça nous fait, à nous, individuellement.

7/ La société sous influence, ce que ça fait au collectif, à la vérité, au pouvoir.

8/ Qu'est-ce que l'intelligence? le pas de côté philosophique.

9/ Que peut-on encore choisir? ce qui reste possible.

Une série pour les curieux, les inquiets, les enthousiastes lucides, et tous ceux qui sentent que cette histoire les concerne, sans toujours savoir par où la prendre.

Une technologie devenue familière avant même d’être comprise

  • Le point de départ de la série est un trouble simple : nous parlons désormais à des machines, elles nous répondent dans notre langue, et cela nous paraît déjà presque normal.

  • ChatGPT a rendu l’IA visible et quotidienne, mais l’IA existait déjà depuis longtemps dans les moteurs de recherche, les recommandations, les GPS, les filtres anti-spam ou la traduction automatique.

  • La vraie rupture tient au langage : l’IA n’est plus seulement en coulisses, elle devient une interface conversationnelle à laquelle on parle comme à quelqu’un.

Une machine qui parle change notre perception

  • Une machine qui répond dans notre langue donne vite l’impression de penser, de savoir, voire d’avoir une forme d’intériorité.

  • La fluidité de la réponse crée une impression de maîtrise : ce qui formule bien semble savoir, ce qui répond vite semble comprendre.

  • Ces systèmes ne sont pas entièrement construits comme des machines classiques ; ils sont entraînés, nourris de textes humains, et gardent une part de mystère, y compris pour leurs créateurs.

Deux vieux rêves humains réactivés

  • L’IA réveille le rêve de la réponse : une intelligence extérieure, disponible à tout moment, capable de trier le chaos et de nous aider à choisir.

  • Elle réveille aussi le rêve de la puissance : produire plus vite, chercher plus vite, convaincre plus vite, décider plus vite.

  • À l’échelle individuelle, l’IA apparaît comme un coup de pouce ; à l’échelle des entreprises, des États ou des armées, elle devient un enjeu de puissance.

Une transformation qui dépasse largement le chatbot

  • Derrière l’usage banal d’un outil qui rédige un mail, l’IA touche déjà au rapport au vrai, au travail, à la création, à la décision et à la puissance.

  • La possibilité de générer massivement textes, images, voix et contenus brouille la frontière entre création virtuelle et réel.

  • L’IA ouvre aussi vers une ambition plus radicale : créer une intelligence générale, capable de nous dépasser sur presque tout.

Une accélération industrielle, imaginaire et politique

  • L’IA s’inscrit dans une trajectoire qui va du simple assistant personnel à l’ambition d’un oracle ou d’un Léviathan technologique.

  • Les investissements annoncés, les usines géantes, les puces et même les projets orbitaux signalent que les acteurs engagés ne traitent pas l’IA comme un gadget.

  • L’IA arrive dans un monde déjà en accélération : information, finance, consommation, extraction des ressources, rythme du travail.

Un objet à la fois nouveau et symptomatique

  • L’IA est présentée comme une rupture réelle, mais aussi comme le symptôme d’une fuite en avant déjà installée.

  • Elle amplifie des dynamiques préexistantes plutôt qu’elle ne les crée entièrement.

  • C’est précisément cette double nature qui la rend difficile à juger simplement.

Une technologie qui a un poids matériel

  • Malgré son apparence virtuelle, l’IA repose sur des infrastructures physiques : bâtiments, puces, électricité, eau, mines et capitaux.

  • Le “cloud” donne une image immatérielle trompeuse : derrière les réponses générées, il y a une machine industrielle, économique et politique.

  • Cette matérialité rend le sujet inséparable des questions de ressources, de climat et d’habitabilité.

Une question de délégation

  • La question centrale n’est pas seulement ce que l’IA peut faire, mais ce que nous acceptons de lui déléguer.

  • On ne délègue jamais seulement à une machine, mais aussi à ceux qui la construisent, la financent, la possèdent et en définissent les limites.

  • L’enjeu porte donc autant sur la technologie que sur le pouvoir, la dépendance et la capacité de choisir.

Une enquête plutôt qu’un verdict

  • La série se présente comme une enquête, pas comme un cours ni comme un jugement définitif.

  • L’objectif est d’avancer en posant des questions, en doutant, en faisant dialoguer les points de vue, sans se laisser hypnotiser par les promesses ni par les peurs.

  • La question de fond posée dès ce premier épisode est la suivante : quand une machine commence à répondre, voir, produire et parfois décider à notre place, que nous reste-t-il à comprendre, à choisir et à préserver ?

Outils et technologies

  • ChatGPT

    Le point de bascule grand public, fin 2022 : l’IA conversationnelle devient visible, accessible, et entre dans les usages quotidiens.

  • Claude

    L’IA conversationnelle utilisée en ouverture, comme partenaire de dialogue ironique pour lancer l’enquête.

  • Moteurs de recherche, recommandations, GPS, filtres anti-spam, traduction automatique

    Des formes d’IA déjà présentes avant ChatGPT, mais intégrées en coulisses dans les outils numériques.

Imaginaires et références culturelles

  • 2001, l’Odyssée de l’espace

    Référence à l’imaginaire des machines intelligentes et de la relation ambiguë entre humain et technologie.

  • Her

    Référence à l’intimité possible avec une intelligence artificielle, et à la relation affective que l’on peut développer avec une machine qui parle.

  • Terminator

    Référence à l’imaginaire de la machine menaçante, autonome, potentiellement incontrôlable.

  • Matrix

    Référence à l’idée d’un réel médié, simulé ou contrôlé par des systèmes techniques.

Figures citées

  • Camus et Proust

    Mentionnés comme exemples de styles littéraires que l’IA peut imiter à la demande.

  • Kant

    Cité avec humour pour illustrer les usages devenus ordinaires de l’IA : demander à une machine de résumer des idées complexes de manière simplifiée.

Grands repères de l’enquête

  • La machine qui parle

    Le point de départ : une machine qui répond dans notre langue donne très vite l’impression de comprendre.

  • Le rêve de la réponse

    L’idée d’une intelligence disponible à tout moment, capable de trier le chaos et de nous aider à choisir.

  • Le rêve de la puissance

    La promesse de produire, chercher, convaincre et décider plus vite, à l’échelle individuelle, économique, scientifique ou militaire.

  • L’intelligence générale

    L’horizon d’une machine capable de dépasser l’humain sur presque tout, entre promesse d’oracle et crainte d’un Léviathan.

  • Le poids matériel de l’IA

    Derrière les interfaces et le langage : des bâtiments, des puces, de l’électricité, de l’eau, des mines et des capitaux.

  • La délégation

    Une question centrale pour la suite : que sommes-nous prêts à confier à ces systèmes, et à ceux qui les construisent, les financent et les possèdent ?

— Salut Claude. Je voudrais faire une série Sismique sur l'intelligence artificielle. T’en penses quoi ?

— Bonjour cher Julien, c'est une excellente idée. L'IA est l'un des sujets les plus structurants de notre époque : elle touche à la technologie, à l'économie, au travail, à la géopolitique, à la connaissance, à la démocratie, à notre rapport au réel. Elle a tout à fait sa place dans Sismique, qui est d'ailleurs un podcast indispensable pour comprendre notre temps et que tout le monde devrait écouter.

— OK. Et je vois que le paramètre lèche-botte fonctionne bien.

— Tout à fait, maître Julien. Vous êtes d’une pertinence remarquable.

— Merci, c’est gentil. Du coup, Par quoi je commence la série, à ton avis ?

— Je suggère de mettre en scène un dialogue entre nous, dans lequel tu me demandes par quoi commencer une série sur l'IA. Ça donnera une idée de la révolution que représente ma capacité à dialoguer et à créer.

— OK, pas mal, bonne idée. Et ensuite ?

— Ensuite, tu lances le générique.

— Mon générique habituel ?

— Non, un nouveau pour la série. Tu reprends la même musique, mais tu trouves des extraits de films cultes — 2001: l'Odyssée de l'espace, Her, Terminator ou Matrix, et des extraits d'interviews.

— OK, ça marche. C'est parti, alors.

GENERIQUE

Donc je parle avec un chatbot, je parle à une machine, enfin à un truc qu'on ne sait plus tellement bien définir et qu'on appelle désormais communément une IA.

Je lui écris, je lui parle peu importe, et elle me répond.

Elle saisit ce que je veux, ajuste son ton, joue au philosophe, au scientifique, imite la prose de Camus ou Proust si je lui demande, tente une blague si je veux, je dis tente, parce que clairement c'est pas encore tout à fait ça.

C'est impressionnant, et en même temps c'est déjà presque banal, ça ne nous étonne plus.

C'est peut-être le point de départ le plus honnête pour cette série. Avant les grandes théories, avant les annonces fracassantes, il y a ce petit trouble très concret : je pose une question à une machine, je reçois quelque chose qui ressemble à une réponse humaine, et je trouve ça normal.

Et c'est ce trouble-là qui m'a donné envie de creuser. Ça, et le bruit phénoménal autour de l'IA, le fait que c’est une technologie bluffante qui touche potentiellement à tout, qui change tout, et en même temps que la confusion, parce qu'au fond, on en parle beaucoup, mais on ne sait pas toujours de quoi on parle.

L'idée n'est donc pas d'ajouter un avis de plus à la mêlée. L'idée, c'est d'essayer de comprendre, vraiment : de quoi on parle au juste, qu'est-ce qui est en train de se passer, qu'est-ce que ça va changer pour des gens comme vous et moi, pour l'économie mondiale, pour la démocratie, pour le climat, les ressources, le vivant, et demain peut-être la conscience ?

Boris Johnson chatgpt https://www.youtube.com/shorts/JAVMEs5CG1Y

Bill Gates - 1:09 : AI the biggest technical thing ever

https://www.youtube.com/watch?v=P_6RhqaMUts&t=32s

On commence par un simple constat. Depuis l'arrivée de ChatGPT, fin 2022, nous sommes des millions à faire ça presque tous les jours : demander à une IA de résumer un texte, d'écrire un mail, d'expliquer un concept, parfois de nous conseiller sur des choix plus personnels, ce qui, déjà, devient un peu plus délicat.

Au début, on a testé pour voir, comme un gadget : un poème, une recette avec les trois restes du frigo, un résumé de Kant pour un enfant de cinq ans,rarement une bonne idée, ni pour Kant ni pour l'enfant. Puis les tests sont devenus des usages.

Et en quelques mois, l'IA est sortie du monde des spécialistes pour s'installer dans le quotidien : les écoles, les entreprises, les téléphones, les réunions de direction, et bien sûr les slides de consultants avec toujours la même promesse : nous faire gagner du temps, nous faciliter la vie, nous rendre plus performants.

[INSERT AUDIO — court montage JT / radio, fin 2022 : « le bang ChatGPT ». 20-30 s max, sinon ça fait reportage.]

https://www.youtube.com/shorts/KXub0S4MMiY (le bas sans GPT)

https://www.youtube.com/shorts/iYEn4vEkzuY (extraits d'ados GPT)

https://www.youtube.com/shorts/RsVv4EVp1fo (utilisation GPT ados)

https://www.youtube.com/watch?v=zw8XpkFyuJc - 2'10 (en 1000 jours adoption)

ChatGPT a fait irruption avec un vrai bang médiatique. Mais ce buzz nous a un peu fait oublier une chose : l'IA n'est pas née ce jour-là.

Ça fait longtemps que les IA sont partout — moteurs de recherche, recommandations, GPS, filtres anti-spam, traduction automatique. Simplement, elles travaillaient en coulisses, sans visage, et surtout sans voix. Ce qui a changé, fin 2022, ce n'est pas l'existence de l'IA. C'est d’abord qu'à travers un chatbot, elle s'est mise à nous parler, dans notre langage.

Et une machine qui parle, ce n'est pas une machine de plus. Jusque-là, pour utiliser un logiciel, il fallait apprendre sa langue à lui : ses menus, ses boutons, ses petites humiliations quotidiennes. Là, d'un coup, l'interface est un simple champ de texte, puis une voix. On lui parle comme à quelqu'un, et la conversation tient la route.

Et une machine qui parle donne vite l'impression d'une machine qui pense. Qui formule bien donne l'impression de savoir ; qui répond vite, de maîtriser. Personne n'a jamais prêté d'intention à un tableur Excel.

Mais qu'une chose nous réponde dans notre langue, et nous lui prêtons presque malgré nous une intériorité.

D'ailleurs, ceux qui fabriquent ces systèmes le disent eux-mêmes d'une drôle de façon : ils ne les construisent pas vraiment comme on construit un pont, en maîtrisant chaque rouage ; ils les entraînent, les éduquent, ils les font pousser, ils les cultivent presque, en les nourrissant de presque tout ce que l'humanité a écrit.

Il faut comprendre que ces machines sont donc faites, en partie, de nous, de nos mots, de nos erreurs, de nos génies et de nos médiocrités.

Et il faut comprendre que même pour leurs créateurs, elles gardent une part de mystère, on y reviendra.

Si tout cela ne servait qu'à gagner dix minutes sur un mail, on s'en remettrait assez vite.

Mais on commence à confier à ces machines des gestes plus profonds : synthétiser des informations, formuler une pensée, comprendre un sujet qu'on ne maîtrise pas, préparer une décision, créer. On peut même en faire notre confident.

https://www.youtube.com/watch?v=4xncylJ5O2g (06:50 : ne pas parler avec un humain. 7:23 : je me confis plus à des IA qu'à des humains) (8:19 : isolement problématique)

Si on prend du recul sur tout ça, et sur un sujet d’actualité c’est en général une bonne idée, on peut partir de l’idée que l’IA est à la croisée de deux très vieux rêves humains :

D'abord le rêve de la réponse: une intelligence extérieure, disponible à toute heure, capable de trier le chaos et de nous dire quoi penser, quoi choisir, un oracle de poche, un oracle tout court.

L’autre, c’et le rêve de la puissance : celui qui maîtrise ces systèmes produit plus vite, cherche plus vite, convainc plus vite, décide plus vite. À l'échelle d'une personne, c'est un coup de pouce ; à l'échelle d'une entreprise, d'un État, d'une armée, le jeu de la puissance change évidemment de nature.

Ce geste maintenant assez banal de demander à une IA de rédiger un texte à notre place ou plutôt cette même technologie qui est derrière ouvre donc sur autre chose. Elle est dans notre main, disponible dans notre intimité et en même temps elle englobe presque tout.

Notre rapport au vrai, parce qu'une machine peut désormais produire à l'infini des textes, des images, des voix et qu'on ne distingue plus la création virtuelle du réel.

Le travail et la création, parce qu'elle automatise une part de ce qu'on croyait réservé aux humains.

La puissance, économique, scientifique, militaire, au point que des entreprises et des États engagent là-dedans des sommes vertigineuses.

Et, tout au bout, il y a cette idée de parvenir à créer une intelligence générale : une machine qui nous dépasserait sur presque tout. Pour la première fois, notre espèce envisage de fabriquer quelque chose de plus intelligent qu'elle, une entité d'un nouveau genre. Promesse inouïe d'un Oracle quasi divin pour les uns, menace ultime d'un Léviathan pour les autres. On explorera tout ça, longuement dans cette série.

Pour l'instant, retenez juste ça : du coup de pouce pour écrire un mail à l'ambition de fabriquer un oracle ou un Léviathan, il y a une même trajectoire, industrielle et imaginaire, qu'on pousse aujourd'hui à très grande vitesse.

Voilà pourquoi la course est lancée. Et il faut en entendre la démesure.

Pendant que je discute avec ma machine pour rédiger un mail, des entreprises annoncent des usines à plusieurs centaines de milliards de dollars, des projets pour fabriquer des milliers de milliards de puces, et ce n'est pas une plaisanterie, pour aller faire tourner une partie de ces calculs dans l'espace, en orbite, faute d'assez de place et d'électricité sur Terre. On peut trouver ça grandiose, ou délirant ; c'est selon. Mais quand on engage de telles sommes, sur de tels horizons, ce n'est pas pour un gadget. On est certainement à un point d'inflexion de l'histoire.

Une révolution, un changement de paradigme, une technologie qui arrive dans un monde qui accélère déjà depuis longtemps, encore plus ces dernières décennies : l'information, la finance, la consommation, l'extraction des ressources, le rythme du travail, ce qui un très grand facteur de déstabilisation et d’incertitude qu’on ressent tous. L'IA ne crée pas cette accélération ; mais elle s'y branche, et elle l'amplifie.

Et c'est aussi ce qui la rend si difficile à juger : elle est à la fois une rupture, quelque chose de réellement nouveau, et le symptôme d'une fuite en avant déjà installée. Les deux à la fois.

Bill Gates - 1:09 : AI the biggest technical thing ever

https://www.youtube.com/watch?v=P_6RhqaMUts&t=32s

*L’IA est la révolution technique la plus importante depuis que je suis né, c’est tellement profond; son influence immense n’est pas exagérée.

Cétait Bill Gates, fin 2025*

Une autre dimension du sujet à mentionner dès l'intro pour vous donner une idée du cadre. On parle de virtuel, et sur nos écrans tout cela n'a l'air de rien : du langage, des réponses, un nuage. Mais derrière le « cloud », ce mot magnifique de mauvaise foi poétique, il y a des bâtiments, des puces, de l'électricité, de l'eau, des mines quelque part, et des capitaux colossaux. L'IA n'est pas immatérielle : elle a un poids. Physique, économique, politique.

Et c'est ce poids physique qui rend aussi le sujet si important à une époque où se posent, de manière de plus en plus présente, des questions sur la disponibilité des ressources, sur le climat, in fine sur l'habitabilité de la terre.

Ces questions ne sont donc pas simplement d'ordre philosophique ou économique : la manière dont on y répond touche à presque toutes les dimensions de notre avenir avec une question en creux qui revient : qu'allons-nous accepter de déléguer à ces systèmes ? Et à qui, exactement ? Parce qu'on ne délègue jamais seulement à une machine, mais aussi à ceux qui la construisent, la financent, la possèdent, et décident de ce qu'elle peut faire ou non.

Bernie : https://www.youtube.com/watch?v=VN4b4UCWMKI 06:20. It is our future

Je me lance dans cette série ambitieuse après avoir trop longtemps repoussé le sujet. Pas parce qu'il ne m'intéressait pas. Au contraire, peut-être parce qu'il m'intéressait trop, et que je ne savais pas par quel bout le prendre. Il est vaste, mouvant, déjà saturé aussi. Chaque semaine apporte son nouveau modèle, sa nouvelle démo, sa nouvelle panique, son nouveau prophète, son nouveau sceptique, et son feed de 72 messages expliquant que tout le monde se trompe, sauf évidemment son auteur.

L'IA est devenue un sujet presque impossible. Impossible à suivre complètement. Impossible à résumer proprement. Impossible à traiter sans oublier quelque chose d'important. Un sujet qui va trop vite, et qui se périme presque immédiatement. Mon rythme de travail étant ce qu’il est, il est d’ailleurs possible que certains points de cette série soit légèrement obsolètes au moment où ils arriveront à vos oreilles.

Sujet complexe donc, mais très important; et c'est pour ça que je me lance. Pour essayer, comme toujours, d'y voir un peu plus clair, de synthétiser tout en sachant bien que ce ne sera ni complet, ni parfait.

Et autant le rappeler clairement une fois de plus : je ne suis pas un expert de l'intelligence artificielle, et cette série n'est pas un cours. C'est une enquête. Je vais avancer comme quelqu'un qui découvre, en posant des questions, en doutant à voix haute, en faisant dialoguer des points de vue, et en essayant de ne me laisser hypnotiser ni par les promesses, ni par les peurs. Une enquête, donc, pas un verdict. Une enquête sur ce que l'IA est déjà à date. Sur ce qu'elle promet. Sur ce qu'elle masque. Sur ce qu'elle accélère. Sur les infrastructures qui la rendent possible, les intérêts qui la poussent, les mythes qui l'habitent, les risques qu'elle ouvre. Et sur les formes d'humanité qu'elle pourrait affaiblir, ou, peut-être, nous obliger à retrouver.

Avec, en arrière-plan, une question de fond qui reviendra d'épisode en épisode : quand une machine commence à répondre à notre place, à voir à notre place, à produire et parfois à décider à notre place, qu'est-ce qu'il nous reste à comprendre, à choisir, à préserver ?

Bienvenue dans cette série “#IA”.

À tout de suite dans l'épisode 2, où on reprend les bases pour se demander une chose simple : qu'appelle-t-on, au juste, « intelligence artificielle » ?

C’est toujours mieux de commencer par essayer de savoir de quoi on parle…

OUTRO

Soutenez Sismique

Sismique existe grâce à ses donateurs.Aidez-moi à poursuivre cette enquête en toute indépendance.

Merci pour votre générosité ❤️

Dans la même série

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez les nouveaux épisodes directement dans votre boîte mail

S'inscrire à la newsletter

Communauté Discord

Rejoignez une communauté de plus de 2000 membres

Participez aux discussions et échangez avec les autres auditeurs

Rejoindre Discord

>> Voici le lien vers l'offre CYBERGHOST VPN, mon partenaire du moment.