Surveillance : le cas chinois – Séverine Arsène

La surveillance en Chine, et quelles leçons en tirer ?

La « surveillance » est un terme d’actualité, en particulier en France où la « loi sur la sécurité globale » a fait récemment couler beaucoup d’encre.

Tous les États ont besoin de connaître leur population et les outils déployés pour identifier les citoyens, pour surveiller les allées et venues ou encore pour anticiper et gérer les risques sécuritaires.

Mais à mesure que les outils de surveillance se sont perfectionnés et alors que la rhétorique sécuritaire revient sur le devant de la scène un peu partout dans le monde, il me semble intéressant de regarder de plus près ce qui se passe en Chine, pays qui a pris un peu d’avance sur tout le monde sur cette idée de contrôle de sa population.

Séverine Arsène est politologue et sinologue, chercheuse associée au médialab de Science Po et enseignante à la Chinese University de Hong Kong.

Ses recherches portent sur la stratégie numérique de la Chine. Elle explore actuellement le fameux système de crédit social mis en place de manières diverses à travers des localités et administrations chinoises.


Séverine sur Twitter @severinearsene


Interview enregistrée le 24 octobre 2020


Notes de l'épisode


1’ - Qui est Séverine ?

  • Sinologue, politologue (science-Po)

  • 15 ans de recherche sur le développement de l’internet en Chine

  • Enseignant à la Chinese University of HK, chercheur associe au médialab de Science Po


3’ - A quoi sert la surveillance ?

  • Lutte contre la criminalité

  • Comprendre la société pour élaborer des politiques publiques et influencer les comportements

  • « Il ne s’agit plus seulement de comprendre, mais d’influencer »

  • Approche de la surveillance dans les pays autoritaires vs. démocraties

  • Les « smart-cities » ?


8’ - Évolution de la surveillance en Chine

  • L’héritage des formes de bureaucratie

  • Confucianisme et Légisme

  • Comment circule l’information

  • « Les statistiques sont systématiquement biaisées »

  • « Il y a une difficulté chronique pour une administration d’un état autoritaire à obtenir une image du pays qui soit sincère »


16' - Comment fonctionne la surveillance ?

  • Le secteur privé nous surveille à des fins commerciales

  • « La Chine est très avancée car ils ont très peu de régulation sur la protection des données personnelles »

  • La surveillance vidéo : une multitude de réseaux.

  • « Les tendances sont globalement les mêmes partout »

  • « L’actualité est en train de nous pousser dans la direction d'un démantèlement des protections vis-à-vis de la surveillance des individus »


22’ - Surveillance sur internet

  • WeChat, Alibaba, Baidu et leurs interactions complexes avec l’État.

  • Les sociétés qui ont les bases de données parmi les plus importantes du monde

  • Le parallèle avec la NSA et les GAFA

  • Précision Min 28 : petite inexactitude à propos de la Chine: on peut, en fait, envoyer une entreprise devant les tribunaux, c'est arrivé par exemple à un professeur qui s'est retourné contre un zoo qui avait mis en place un système de reconnaissance faciale à l'entrée. Il a gagné à moitié. Mais si l'État demande des données, il n'y a pas grand-chose que l'on puisse faire.


29’ - Les objectifs de la surveillance

  • Maintien de l’ordre publique (notamment pour permettre le développement économique)

  • La manque de corps intermédiaires et de société civile rend plus compliqué le maintien de la stabilité.

  • La résurgence du récit nationaliste, le renforcement du régime, la lutte contre la dissidence


37' - Le système de crédit social

  • Avant tout un sujet de politique publique (et non technologique) qui vient de la difficulté du régime à faire appliquer les lois et construire de la confiance

  • Le fonctionnement des listes noires et du permis à point : un système très décentralisé

  • Une couche en plus des sanctions judiciaires

  • « C’est un dispositif qui ne résoudra pas le problème de départ »

  • L’évolution à venir : Big Brother ?


50’ - Notre peur de la surveillance

  • La surveillance est au service de qui ? Qui définit ce qu’est une bonne vie ?

  • Surveiller pour normaliser les comportements : le manque d’instrument de contre-pouvoir et le manque de compréhension

  • « L’exploitation des efforts et de l’attention des humains pour les orienter vers des pratiques qui vont conduire à concentrer les richesses » et pour les « guider vers des style de vie auxquels ils n'adhèrent pas »


56’ - Le cas des Ouïghours

  • Les critères de classification

  • « Ce sont des gens à qui on ne reproche rien, c’est prédictif »

  • Sécurité, ignorance et géopolitique


1’01 - Être vigilants ?

  • La Chine exporte son modèle de surveillance mais nous exportons aussi des instruments, il y a des circulations dans les deux sens. Rapport de Freedom House.


Les livres recommandés par Séverine

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