#Inspiration

Le monde d'hier. Un regard sur notre époque - Stefan Zweig

L’histoire se répète-t-elle ? Réflexion sur Le Monde d’Hier, livre testament de Stefan Zweig

Écouter sur :

Publié le
Enregistré le
Le monde d'hier. Un regard sur notre époque - Stefan Zweig

L’histoire se répète-t-elle ? Réflexion sur Le Monde d’Hier, livre testament de Stefan Zweig.

Montée des autoritarismes et des nationalismes, retour de l’antisémitisme et du néo-fascisme, tentations génocidaires, élites déconnectées, manipulation de masse et confusion entre vérité et mensonge. Certains aspects de notre époque devraient nous rappeler le début du 20è siècle...

On va parlé de Stephan Zweig, de son ouvrage testament « le monde d’hier », et de ce qu’il peut nous enseigner sur le présent et sur ces démons qui se réveillent.

Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie et mort le 22 février 19424 à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste 

et biographe autrichien.

Ami de Sigmund Freud, Arthur Schnitzler, Romain Rolland, Richard Strauss, Émile Verhaeren, Stefan Zweig a fait partie de l'intelligentsia viennoise. Il quitte son pays natal en 1934, en raison de la montée du nazisme et de ses origines juives pour se réfugier à Londres, puis au Brésil où il se suicidera. Son œuvre est constituée essentiellement de biographies, mais aussi de romans et de nouvelles. Dans son livre testament, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Zweig se fait chroniqueur de cet « âge d'or » de l'Europe et analyse ce qu'il considère comme l'échec d'une civilisation.

00:00 Introduction

03:23 Stéphane Zweig et Le Monde d'hier

10:58 Les cycles de l'histoire

12:43 Le monde avant l'accélération

15:51 L'Europe insouciante de 1900

17:42 L'influence de l'époque sur les individus

21:28 L'accélération et ses paradoxes

23:03 Dualité de l'essor et de la destruction

25:10 Les changements brutaux et imprévus

34:21 La montée des nationalismes

39:54 L'excès de puissance et ses conséquences

45:43 L'équilibre entre peur et optimisme

NB: transcription automatique issue de Youtube. Il y a forcément de coquilles, merci pour votre indulgence.

(00:00) cela reste une loi inéluctable de l'histoire elle défend précisément aux contemporains de reconnaître dès leur premier commencement les grands mouvements qui détermine leur époque on va parler de Stéphan weig mais comme je suis pas vraiment germanopho je veux dire à la française zveg et de son ouvrage testament le monde d'hier duquel est tiré cette phrase et de ce qu'il peut peut-être nous apprendre sur notre époque une des méthodes que j'utilise dans ma quête de compréhension du monde c'est celle de la conversation et vous sans Doutre remarqué Sismique est un

(00:32) podcast d'interview parce que j'estime que sur à peu près tous les sujets bah il existe des gens qui ont des choses plus intéressante à raconter que moi et en tout cas moi ça m'intéresse de leur poser des questions de savoir ce qu'il ou elle pense et comment il ou elle pense parfois je suis pas tout à fait d'accord parfois je trouve ça particulièrement éclairant parfois moins mais quoi qu'il en soit j'essaie de vous proposer à chaque fois des rencontres avec d'autres regards que le mien et d'autres regards que le vôtre et objectif pour moi c'est toujours le même

(01:01) tenter de mieux cerner notre époque d'en dessiner un peu les contours d'en comprendre les règles du jeu d'en comprendre les grands enjeux les mécaniques avec au fond cette croyance peut-être un peu naïve certains diront et même sûrement que avec plus de lucidité vient plus de sagesse et donc une capacité à faire des meilleurs choix et que donc peut-être en étant plus au clair avec ce qui fait vraiment bouger les choses plus au clair sur le fonctionnement de la terre du vivant de l'économie de la technologie de nos sociétés au sens large et des individus

(01:32) ben peut-être queon sera en mesure de un peu mieux orienter notre notre trajectoire à venir en tout cas de manière plus consciente plus éclairée et par éclairé j'entends des choix qui évitent autant que possible l'augmentation des souffrances des désastres de l'obscurantisme de la bêtise du côté sombre en gros comme certains vont dire et qui favoriserait au contraire ce que la plupart d'entre nous pourrait définir comme étant des choses souhaitables c'est-à-dire la paix la raison la mesure la beauté l'amour la joie la prolifération de la vie on peut

(02:07) donc essayer d'y voir un peu plus clair sur le présent ses événements et ses tendances mais malgré tout par définition on manque tout de même pas mal de recul sur ce qui se joue ici et maintenant puisque ça se joue précisément ici et maintenant et c'est en somme ce que nous dit zveg cela reste une loi inéluctable de l'histoire elle défend précisément au contemporain de reconnaître dès leur premier commencement les grands mouvements qui déterminent leur époque au manque de on ne pourra jamais vraiment comprendre les causes profondes des choses qu'une fois qu'elles seront passées ça fait

(02:36) penser à un fameux discours de Steve Jobs prononcé la graduation à la remise de diplôme de Stanford dans lequel il dit you can only connect the dots backwards on peut lier les points entre eux que à postériori qu'avec du recul on a besoin de recul pour comprendre ce qui se passe mais la seule chose sur laquelle on a du recul précisément c'est le passé donc on est un peu coincé sauf qu'en vrai le passé a plein de trucs à nous dire sur le présent et donc potentiellement aussi même sur l'avenir et c'est pour ça

(03:06) que je vous parler de ce livre le monde d'hier donc de Stéphane veg qui soit dit en passant est certainement mon auteur préféré je vous dis ça en sachant bien que cette information vous apportera absolument rien et que par ailleurs cette information n'est pas très originale en tout cas ce goût n'est pas très original puisque les livres de sveg sont encore aujourd'hui les plus vendus en France parmi les plus vendus en France en tout cas que c'est l'écrivain qui vend le plus de livres en France après Agath Christie donc le monde d'IER c'est son dernier livre et c'est pour ça

(03:37) qu'on parle de l' Testament mais c'est surtout son autobiographie mais comsveg est quelqu'un qui a beaucoup voyagé qui a rencontré beaucoup de gens incroyables des grandes personnalités de son époque et surtout qui a vécu une époque totalement folle en étant un peu au centre du jeu au première loge bah c'est bien plus que l'histoire de de sa vie qu'il partage avec nous c'est un livre qui pose énormément de questions et qui raisonn qui sont des questions qui raisonnent encore particulièrement aujourd'hui alors Stéphan Zug est né en Autriche dans une région dans un un pays

(04:11) on peut dire un empire qui n'existe plus qui était l'Empire austro-ongrois qui a cessé d'exister après la Première Guerre mondiale et il a grandi à une époque qu'il décrit comme très paisible en tout cas pour les Européens une époque de paix une époque de foi dans le progrès dans la science une époque de d'une grande stabilité et rempli de beaucoup de de certitude et malgré tout une époque aussi de mouvement qui s'amorce de plus en plus rapide porté par un espèce d'élan positif et ce qu'il va décrire comme une forme de d'insouciance mais c'est aussi une époque qui bascule

(04:46) d'abord une première fois avec ce qu'on a appelé la Première Guerre mondiale et avec l'éclatement donc de de son pays qui fait que il sera une par la suite àatride ça restera un thème récurrent du du livre et de sa vie et puis qui bacherie qui qui bascule avec la boucherie entre Européens exporté aussi un peu à l'étranger puisque qu'il y a pas que des Européens qui sont battus sur sur ce front-l mais terrain de jeu entre guillemets le terrain de bataille é en Europe et puis après la guerre avec d'autres épisodes les années 20 et la montée du fascisme la montée du nazisme

(05:17) et et d'autres types d'autoritarisme et la montée encore des nationalismes un peu partout dans dans le monde notamment en Asie au Japon et puis la seconde guerre mondiale qui se déroule encore au moment oùveg écrit ce livre et d'ailleurs dont il ne verra pas la fin puisque il se suicide le 22 février 1942 avec sa compagne alors que en Europe les forces de l'Axe donc les nazis et les fascistes ont conquis presque entièrement le continent et que rien ne laisse entrevoir un retournement de situation donc il meurt en quelque sorte de désespoir et dans la lettre qu'il a

(05:50) écrite avant de mettre fin à ses jour il déplore que et VO les guillemets que sa patrie spirituelle l'Europe s'est détruite elle-même il n'aura donc pas vu la la chute de l'Allemagne nazie la chute du Japon impérialiste ni après la reconstruction de l'Europe et l'avènement d'une la période de paix la plus longue de l'histoire du continent ni aussi d'autres choses positives comme la décolonisation ni la seconde partie du 20e siècle qui malgré sa somme de souffrance lui aurait sans doute permis de constater que après les heures sombres l'espoir avait fini par renaître

(06:22) en tout cas en Europe comme toujours donc il faut lire ce texte dans un contexte qui est celui d'une certaine époque et d'un V personnel le monde d'hier c'est une réflexion sur sa vie d'homme sur sa vie d'écrivain sur sa vie de juif aussi mais aussi peut-être surtout sur les mouvements d'histoire et c'est ça qui va m'intéresser ici c'est ça que dont je vais vous parler c'est le côté document historique en quelque sorte cette réflexion sur ce qui fait l'histoire et c'est intéressant pour nous aujourd'hui parce qu'il se trouve

(06:51) que l'histoire a tendance à bégayer et que donc se plonger dans une époque passée qui commence à être un peu lointaine mais dans laquelle on a quand même pas mal de repèr ça peut nous donner des enseignements sur ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui alors il y a plein de limites à cet exercice de comparaison évidemment l'histoire ne se répète pas chaque époque est différente il faut d'ailleurs se méfier des parallèles trop évidentes des raccourcis des trop prononcé la technologie est différente les meurs sont différents les frontières sont différentes la culture tout ce que moi

(07:22) je appelle les structures ça n'est jamais vraiment tout à fait la même chose d'une époque à l'autre mais en même temps il y a des choses qui ne Chang change pas fondamentalement d'une génération à une autre et qui font qu'on retrouve des similitudes et qui font qu'on a l'air quelque part de commettre toujours collectivement et même individuellement on pourrait dire les mêmes expériences les mêmes erreurs et qu'on napend pas forcément de de du passé en tout cas de l'expérience des générations d'avant il y a des choses qui ne changent pas donc on va commencer par quelque chose de basique par exemple les règles de la physique ça ne change

(07:55) pas on les connaît mieux on les connaît de mieux en mieux grâce notamment à la aux méthodes scientifiques et aux expérimentations et au fait qu'on accumule de la connaissance mais ce sont les mêmes règles les même loi aujourd'hui qu'hier et a priori que demain il y a aussi les règles par exemple qui régissent les flux économiques qui ne changent pas fondamentalement certes il y a des nouveaux accords des nouveaux indicateurs des nouvelles subtilités dans la manière dont on va organiser l'économie mais finalement il s'agit toujours de stock et de flux de matière et d'énergie et de connaissance en gros

(08:27) et puis il y a la physiologie et la psychologie humaine qui ne change pas extrêmement peu moi je DIRIS plutôt ça ne change pas du tout d'une génération à une autre en fait ce sont bah par exemple les mêmes besoins là on peut faire référence à la pyramide de maselow donc le besoin de physiologique le besoin de sécurité le besoin d'appartenance et cetera on pourer voir et puis il y a aussi les mêmes peurs certaines peurs ancestrales peur de la mort la peur de de plus appartenir à un groupe la peur de la souffrance et cetera et puis les mêmes pulsions plus

(08:57) ou moins conscientes et c'est d'ailleurs pour ça que les réflexions les enseignements des grands philosophes du passé y compris ceux qui sont nés il y a 2000 ou 3000 ans sont souvent encore pertinentes sur beaucoup de question parce que en gros les humains se posent les mêmes questions et que les vécus sont similaires semblables même si le contexte est extrêmement différents et c'est aussi pour ça qu'on peut observer ce qu'on va appeler des cycles dans les sociétés humaines il y a des cycles de croissance puis de chute comme des espèces de de respiration ça augmente

(09:27) puis ça redescend c'est vrai pour les civil pour les pays et je ferai certainement bientôt un épisode dédié à sujet c'est vrai pour les organisations humaines en général et c'est pour ça aussi que presque inévitablement on constate que la guerre finit par revenir et parfois ça se joue sur plusieurs générations évidemment il y a des longues périodes les cycles sont plus ou moins étendus selon où on regarde vous allez dû voir passer cette sorte d'adage sur internet ou sur Instagram qui dit que les temps difficiles créent les hommes forts les hommes forts créent

(09:59) des temps pros les temps prospères créent des hommes faibles et les hommes faibles créent des temps difficiles vous savez en gros c'est l'idée queon se fait la guerre parce que bah on a oublié à quel point c'était horrible ou alors par désir de revanche et puis ensuite arrive la la paix ou une forme de stabilité et puis quelques temps après après on a oublié qu'à quel point la guerre était horrible et donc on recommence et de même ceux qui s'intéressent à la finance on voir qu'il y a des cycles qui sont étonnamment réguliers et qui sont étonnamment similaires on peut presque plaquer en fait les hausses et les

(10:30) baisses d'un cycle à l'autre et ça permet d'ailleurs au traders d'avoir tout un tas d'outils qui leur permettre d'anticiper les les différents seuils à partir desquels les marchés bougent et pourquoi parce que en fait l'alternance de phase de peur de doute de confiance d'avarice en fait a toujours à peu près le même fonctionnement parce qu'in finé c'est de la psychologie humaine moi je m'étends pas plus là sur ces idées de structure et de cycle et je vous renvoie donc à à mon propre livre le monde change n comprend rien pour creuser tout ça puisque il y a il y a beaucoup plus de données là-dessus voilà pour pour

(11:00) appel il a un livre c'était les 10 secondes d'autopromo et si vous aimez Sismic ça devrait vous plaire donc revenons à notre monde d'hier donc ce livre en dehors de laavvec c'est surtout un récit d'un grand basculement du monde et en particulier donc du monde européen au milieu duquel se trouvait l'auteur et c'est tout à fait clair dès la première page je vais vous lire un extrait et puis je vous lirai aussi quelques extraits puisque l'idée c'est aussi de de faire parler à stepphan VG chacun de nous mais le plus infime et le plus humble a été bouleversé au plus intime de son existence par les ébranlements

(11:34) volcaniques presque ininterrompus de notre terre européenne et moi dans la multitude je ne sauraai m'accorder d'autres privilèges que celui-ci en ma qualité d'Autrichien de juif d'écrivain d'humaniste et de pacifiste je me suis toujours trouvé à l'endroit exact où ces secousses sismiques exerçaient leurs effets avec le plus de violence bon vous vous doutez bien que cette phrase le vocabulaire utilisé me parle et donc je ferai référence plusieurs fois texte mais pour comprendre donc cette accélération de de l'histoire qui est évoqué ici il faut

(12:04) partir d'un point de départ et c'est ce que fait d'ailleurs zve dans son livre quel était ce monde d'hier ce monde d'avant qu'est-ce qu'il y avait donc avant cette espèce de d'accélération quel est le contexte et ce qui est d'abord frappant dans le témoignage de de zvec c'est la description qu'il fait de l'Europe de 1900 qui description à laquelle on n pas forcément habitué parce que c'est pas une période qu'on a énormément étudié en classe et à laquelle on s'intéresse particulièrement aujourd'hui et encore une fois bien sûr

(12:34) je il faut se le rappeler ce n'est que le point de vue d'un autrichien privilégié c'est donc assez européo centré mais à cette époque l'Europe est clairement le centre du monde le monde entier est colonisé par l'Europe dont la population pèse elle-même près de un/4 de l'humanité et donc ce qui se passe en Europe est significatif pour comprendre la dynamique globale l'Europe pèse très lourd esveeg décrit une Europe en paix sans frontières fermée stable et surtout porté par une foi dans le progrès et là

(13:07) encore je vous lis un passage pour vous compreniez de quoi je parle alors je fais référence à l'édition livre de poche donc jeis vous l les pages si vous voulez y aller donc ça c'est page 17 le 19e siècle dans son idéalisme libéral était sincèrement convaincu qu'il se trouvait sur la route rectiligne et infaillible du meilleur des mondes poss possiblebles on considérait avec dédain les époques révolues avec leurs guerre leur famill et leur R volte comme une ère où l'humanité était encore mineure et insuffisamment éclairée mais à présent il ne s'en fallait plus que de quelques

(13:36) décennies pour que les dernières survivance du mal et de la violence fussent définitivement dépassé et cette fois en un progrès ininterrompu et irrésistible avait véritablement en ce temps-là toute la force d'une religion on croyait déjà plus en ce progrès qu'en la Bible et cet évangile semblait irréfutablement démontré chaque jour par les nouveaux miracles de la science et de la technique et en effet à la fin de ce siècle de paix une ascension G se faisait toujours plus visible toujours plus rapide toujours plus diverse dans les rues la nuit au lieu des pâes

(14:05) luminaires brillaient des lampes électriques les grands magasins portaient des artères principales jusque dans les faubourgs leur nouvelles splendeur tentatrices déjà grâce au téléphone les hommes pouvaient converser à distance déjà il volait avec une vélocité nouvelle dans des voitures sans chevaux déjà il s'est lançait dans les airs accomplissant le rêve d'Icar le confort des demeures aristocratiques se répandait dans les maisons bourgeoises on avait plus à sortir chercher l'eau à la fontaine ou dans le couloir a allumé péniblement le feu du fourneau l'hygiène progressait

(14:34) partout la crase disparaissait les hommes devenaient plus beaux plus robustes plus sains depuis que le sport trempait leur corps comme de l'acier on rencontrait de plus en plus rarement dans les rues des infirmes des goîreux des mutilés et tous ces miracles c'était l'œuvre de la science cet Archange du progrès d'année en année on donnait de nouveaux droits à l'individu la justice se faisait plus douce et plus humaine et même le problème des problèmes la pauvreté des grandes masses ne semblait plus insoluble avec le droit de vote on

(14:59) accord accord à des classes de plus en plus étendues la possibilité de défendre leurs intérêts par des voies légales sociologues et professeurs rivalisaient de ZES pour rendre plus saine et même plus heureuse la vie des prolétaires quoi d'étonnant dès lors si ce siècle se chauffait complaisamment au soleil de ses réussites et ne considérit la fin d'une décennie que comme le prélude à une autre meilleur encore esveg décrit aussi une Europe donc vraiment insouciante confiante et enthousiaste et il y a un autre passage beaucoup plus loin dans le livre qui euh

(15:30) qui l'exprime bien qui qui continue ça avec cette idée de de progrès de croyance dans le progrès page 234 car il y avait un rythme nouveau dans le monde une année que ne se passait-il pas en une année une invention une découverte chassée la précédente et chacune devenait très vite le bien de tous pour la première fois les nations se sentaient plus solidaires quand il y allait de l'intérêt général le jour le Zepelin pris son envol pour son premier voyage j'étais par hasard de passage à Strasbourg me rendant en Belgique il tourna autour de la cathédrale aux acclamations enthousiastes de la foule comme s'il voulait lui qui flottait dans

(16:01) les airs s'inclinit devant l'œeuvre millénaire le soir en Belgique chez veraren arriva la nouvelle que le dirigeable s'était écrasé à eschterdingerern veraren avait les larmes aux yeux et était terriblement agité loin d'être en tant que belge indifférent la catastrophe qui frappait l'Allemagne en tant qu'Européen en tant qu'homme de notre temps il éprouvait aussi vivement la victoire commune sur les éléments que la commune épreuve nous poussâmes des cris d'allégresse à Vienne quand Blerot franchit la manche comme s'il était un héros de notre patrie

(16:30) grâce à la fierté qu'inspirit à chaque heure les triomphes sans cesse renouvelés de notre technique de notre science pour la première fois un sentiment de solidarité européenne une conscience nationale européenne était en devenir combien absurde nous disions-nous sont ces frontières alors qu'un avion les survole avec autant de facilité que si c'était un jeu combien artificiel ces barrières douanières et ses gardes de frontières combien contradictoire à l'esprit de notre temps qui manifestement désire l'union et la fraternité universelle CTA sort du C n'était pas moins merveilleux que celui

(17:01) des aéroplanes je plains tous ceux qui n'ont pas vécu ces dernières années de l'enfance de l'Europe car l'air autour de nous n'est pas mort n'est pas vide il porte en lui la vibration et le rythme de l'heure il en pénètre à notre insu notre sang il les propage jusqu'au fond de notre cœur et de notre cerveau durant ces années chacun de nous a aspiré en lui la force qu'il tirait de l'élan général de notre époque et sa confiance personnelle s'est accrue de la confiance collective peut-être ingrat comme le sont les hommes n'avons-nous pas su alors combien puissamment combien a

(17:29) sûrement nous pter le flot mais seul celui qui a vécu cette époque de confiance universelle sait que tout depuis a été décadence et obscurcissement donc on voit dans quand même dans la dernière partie que il fait le lien avec ce qui s'est passé ensuite et puis on va on va en parler un petit peu plus loin mais je voudrais rester sur sur cet esprit de l'époque et c'est plus anecdotique mais je vais vous lire un un passage dans lequel zvec parle de Paris et de l'esprit parisien et plus largement français qu'il a qu'il admire énormément et qu'il est qu'il a aimé

(17:59) toute sa vie page 156 nulle part cependant on a pu éprouver la naïve et pourtant très sage insouciance de l'existence plus heureusement qu'à Paris où l'a confirmé la beauté des formes la douceur du climat la richesse et la tradition chacun de nous autres jeunes gens s'incorporait une part de la cette légèreté et y ajoutait ainsi sa propre part chinois et scandinav espagnol et grec brésiliens et canadiens tous se sentaient chez eux sur les rives de la scène point de contrainte on pouvait parler penser rire gronder comme on le voulait chacun vivait comme il lui plaisait sociable ou solitaire prodigue

(18:36) ou économe dans le luxe dans la bohème il y avait place pour toutes les originalités toutes les possibilités s'offraent il y avait là les sublimes restaurants à 200 ou 300 francs avec toute la magie culinaire et les vins de toutes sortes avec des cognacs abominablement chers qui dataient des jours de marango ou de Waterloo mais on pouvait manger et boire presque aussi magnifiquement chez le marchand de vin du coin dans les restaurants du quartier latin où se pressaient des étudiants on obtenait pour quelques sous les petits plats les plus friants avec ou après son succulent biftec avec en outre du vin

(19:05) rouge ou blanc et une miche de délicieux pain blanc longue d'une hône on pouvait être vêtu à son gré les étudiants se promenaient en beré boulevard Saint-Michel les rapins les peintres s'exhibaient en chapeau à large bord pareil à des champignons géants et en vestes romantiques de velours noir les ouvriers arpentaient sans gêne les boulevards les plus élégants dans leur bourgerons bleus ou en manche de chemise les nourrices en Coiff bretonne largement plissé les marchands de vin en tablier bleu il n'était pas indispensable que l'on Fû le 14 juillet

(19:31) pour que quelques jeunes couple se missent à danser dans la rue après minuit et le sergent de ville se contentait d'un rire la rue n'était-elle pas à tout le monde personne n'éprouvait de gêne devant qui que ce Fû les plus jolies filles ne rougissaient pas de se rendre dans le petit hôtel le plus proche au bras d'un aussi noir que la Poie ou d'un chinois aux yeux qui se souciait à Paris de ces épouvantails qui ne devent menaçant que plus tard la race la classe et l'origine on allait on causait on couchait avec celui ou celle qui vous plaisait et l'on se souciait des autres comme d'une

(19:59) guigne ah il fallait avoir d'abord connu Berlin pour bien sé prendre de Paris il fallait avoir éprouvé la servilité volontaire de l'Allemagne avec sa conscience hiérarchique accusé des rangs et des distances aiguisé jusqu'à en être douloureuse où la femme d'un officier ne fréquentait pas celle d'un professeur des lycées ni celle-ci l'épouse d'un commerçant ni surtout cette dernière une femme d'ouvrier mais à Paris l'héritage de la Révolution bien vivant circulait encore dans le sang le prolétaire se

(20:23) sentait un citoyen aussi libre et digne de considération que son employeur le garçon de café serrait la main d'un général galonné comme à un collègue de petites bourgeoises actives sérieuses et propres ne faisaient pas la grimace en rencontrant la prostituée dans le corridor elle causaient tous les jours avec elle dans l'escalier et leurs enfants lui donnai des fleurs Mo personnellement je dois dire que cette description de d'un Paris aussi libre joyeux débridé intelligent laisse un peu un peu songeur et ça ça donne une image particulièrement donc

(20:54) coloré de de cette époque en tout cas cet endroit-là le monde hier nous enseigne essentiellement deux choses d'une part ça nous fait revivre cette grande accélération la suite de changements profonds et rapides qui ont affecté l'Europe et le le monde dans son ensemble en début du 20e siècle cette tendance continue aujourd'hui même si elle est certainement beaucoup plus visible désormais en Asie ou dans ce qu'on va appeler les pays émergents économiquement en particulier ces dernières décennies et que dans les pays de Europe donc à à faible croissance

(21:31) économique et démographique où l'exode urbain a eu lieu il y a déjà longtemps et on ne construit plus grand-chose en comparaison de ce qui se fait ailleurs ça paraît évidemment beaucoup plus beaucoup plus stable et beaucoup plus lent et cette accélération est faite de paradoxe bah car comme toujours une même pièce possède deux faces d'un côté le progrès et de l'autre la destruction la lumière et l'ombre et à l'époque de sveg l'Europe concentrait tout ça peut-être beaucoup plus qu'ailleurs quoi qu'évidemment encore une fois ce soit un point de vue européocentré nous décrit ça en gros en

(22:05) une phrase jamais jusqu'à notre époque l'humanité dans son ensemble s'est révélé plus diabolique par son comportement et n accompli tant de miracles qu'il éégal à la divinité qu' voit cette dualité et je vous lis aussi la suite du passage que je vous ai lu avant sur les fascinants progrès et qui illustre donc le cette cette idée de de double face cette idée de dualité don don je suis en train de vous parler elle était merveilleuse cette vague tonique de force qui de tous les rivages de l'Europe battait contre nos cœurs mais ce qui nous rendait si heureux recelait en même temps un danger que

(22:41) nous ne soupçonnions pas la tempête de fierté de confiance qui soufflait alors sur l'Europe chariait aussi des nuages les sorts avaient peut-être été trop rapid les États les villes avaient acquis trop vite leur puissance et le sentiment de leur force incite toujours les hommes comme les États à en user ou à en AB la France regorgeait de richesse mais elle en voulait davantage encore elle voulait encore une colonie bien qu'elle n'eut pas assez d'hommees et de loin pour peuler les anciennes pour le Maroc on faillit en venir à la guerre après je vous saute un passage avec chaque pays

(23:13) qui qui cherche des colonies et j'enchaîne si aujourd'hui on se demande à Têtre pososé pourquoi l'Europe est entrée en guerre en 1914 on ne trouve pas un seul motif raisonnable pas même un prétexte il ne s'agissait aucunement d'idée il s'agissait à peine des petit district frontalier je ne pu l'expliquer autrement que par cet excès de puissance que comme une conséquence tragique de ce dynamisme interne qui s'était accumulé durant ces 40 années de paix et voulait se décharger violemment chaque État avait soudain le sentiment d'être fort

(23:44) et oublié qu'il en était exactement de même du voisin chacun voulait davantage et nous étions justement abusés par le sentiment que nous aimions le plus notre commun optimisme car chacun se flattait qu'à la dernière minute l'autre prendrait peur et reculerait ainsi les diplomates commencèrent leur jeu de bluff réciproque quatre fois cinq fois à Agadir dans la guerre des Balcans en Albanie on s'entint au jeu mais les grandes coalitions resserraient sans cesse leur lien se militarisaient toujours plus en Allemagne on est habillé en pleine paix à un impôt de guerre en France on prolongea la durée

(24:16) du service finalement les forces en excès durent se décharger et les signes météorologiques dans les Balcans indiquai la direction d'où les nuages approchaient déjà de l'Europe et puis un peu plus loin il y a cette idée dont je vous parler aussi notre commun idéalisme notre optimisme fondé sur le progrès en marche nous faisait méconnaître et mépriser le danger commun le second renseignement c'est donc qu'il y a des changements brutaux qu'on voit pas venir j'ai déjà évoquer comment zveg illustrait ça au travers de

(24:47) du choc des deux guerres mondiales mais évidemment on pourra trouver des parallèles dans l'histoire de chaque région du monde parce que l'histoire est faite d'une suite de secousse qui régulièrement rebattent les carartes et bouscule soudainement la tranquillité des peuples alors qu'est-ce qu'on fait de tout ça comment est-ce que ça vient nourrir ma réflexion sur ce qui se joue en ce moment il y a des enseignements je pense qu'on peut tirer de de cette histoire du du siècle passé d'abord les humains ne sont pas sages ils sont animés par des pulsions

(25:21) souvent inconscientes ils sont manipulables et de même que des millions d'hommes ont pu marcher joyeux en chantant vers leur propre mort de même qu'ils ont pu avaler goulumement les sottises professées par leur grands chef encore et encore de même qu'on a pu brûler des livres parce qu'ils étaient écrits par des Juifs de même qu'on a pu tordre les faits la vérité croire en des choses absurdes de même aujourd'hui nous devrions être très attentifs à ce qui se joue autour de nos cerveaux quelque peu fragile la psychologie humaine dit ne change pas les véités de puissance et de contrôle ne changent pas bis cognitifs

(25:59) sont les mêmes nous avons toujours tendance à préférer croire une nouvelle qui conforte ce qu'on croit déjà par exemple nous avons toujours tendance à être plutôt paresseux intellectuellement tendance à vouloir à aimer être guidé pris par la main à vouloir appartenir à un groupe à vouloir suivre la masse à faire comme les autres à vouloir avoir raison même contre les fait et nous avons de quoi je pense être quand même un peu inquiet en ce moment et je vais vous faire une petite liste de choses auxquelles je pense notre capacité d'attention déjà a été grandement

(26:35) attaquée par les écrans et par les flux d'information en continu et quand je dis information c'est pas forcément de l'info c'est des flux de contenu on a des algorithmes qui nous connaissent bien mieux que nous-même nous nous connaissons et qui sont utilisés pour tordre nos opinions nos perceptions et infiner nos comportements et je vous renvoie au passage aux épisodes déjà publiés sur le sujet dans lesquels j'interview David colon Albert mackber encore au réigeant sur le sujet la motivation c'est est toujours la même manipuler les masses pour mieux

(27:05) les contrôler au profit de quelques-uns et c'est pas être parano que de dire ça tous les pays et les grandes entreprises qui ont la main là-dessus poussent activement leur pion notamment donc via les réseaux sociaux et ici il s'agit de rester au pouvoir là il s'agit de diviser une nation ou d'assiser le ressentiment ou la haine des uns envers les autres et puis là-bas de gagner des parts de marché et le fait que les démocraties soient en recul dans le monde doit nous inquiéter le fait que les démocraties soient de plus en plus dysfonctionnell et affaibli doit nous

(27:37) inquiéter le fait que des pays ouvertement autoritaires pèsent désormais bien plus lourd que nous dans le jeu international nous un grand nous imparfait par ailleurs doit nous faire réfléchir à notre place mais aussi à ce qu'on veut préserver le fait que les dogmes religieux parfois clairement obscurantistes soient aussi puissant devrait nous inquiéter la montée des naationonalismes durs et conquérant peut aussi nous inquiéter à par ailleurs il me semble que on assiste à nouveau à ce que Nietzsche avait prédit et qui revient de manière cyclique comme

(28:13) beaucoup de choses et je cite Nietzsche le goût du vrai va disparaître au fur et à mesure qu'il garantira moins de plaisir l'illusion l'erreur la chimèr vont reconquérir pas à pas parce qu'il s'y attachent du plaisir le terrain qu'elle tenait autrefois la la ruine des sciences la rechute dans la barbarie en seront la conséquence immédiate fin de citation c'est un peu ce phénomène que décris VG et qui a expliqué en partie les horreurs des deux guerres mondiales une décadence soudaine de la raison de l'esprit critique une paresse intellectuelle accompagné d'une grande et aveuglante naïveté et aussi une

(28:48) faillite des élites coupable de légèreté coupable du Briss lors de la première guerre mondiale notamment et de cynisme de manipulation et d'incompétenence lors de la deè et il y a un parallèle à faire avec ce qu'on vit aujourd'hui et que Noam schomski avait qualifié mon micro de menace existentielle c'està-dire l'effondrement de la raison et personnellement je constate que la raison presque au quotidien au quotidien disons-le est battu en brèche à coup de tweet de commentaires injurieux sur les réseaux de médias indolents de légèreté

(29:19) aussi se couvert d'un relativisme confus ou d'une tendance un peu new ed qui remet en cause parfois le concept de vérité scientifique ou même de réalité elle est mal traité par les élites au pouvoir qui manipulent habilement et régulièrement les faits qui méprisent parfois la vie de des scientifiques ou d'expert légitimes sur un sujet sans jamais d'ailleurs l'avouer ou pire qui tordent le réel à leur avantage la confusion est partout entre ce qui est juste ou non entre ce qui est vrai ou faux la confusion et en réponse la

(29:51) certitude parce que quand tout semble confus on se raccroche à des explications simples on fait des raccourcis et on cherche un camp et c'est parce que que c'est bien pratique en fait de faire partie d'un d'un camp avec des réponses toutes faites évidemment on est toujours dans le bon camp les réseaux et les médias ont aussi un intérêt structurel à alimenter les tensions entre les groupes et à conforter chacun dans ses opinions parce que ça fait vendre parce que ça fait suivre comme un seul homme ça fait voter ainsi aux États-Unis bah les

(30:18) républicains et les démocrates ne se parlent plus sont dans une constante invective et certains analystes du sujet vont jusqu'à contempler à terme le risque de guerre civile ainsi Trump en menteur pathologique qui a un voyou aujourd'hui visé par 88 chefs d'accusation dans quatre procédures pénales distinctes Donald Trump pourrait être réélu ainsi etelle parallèle avec le récit de sveg et navran on assiste au retour d'un antisémitisme débridé ici et là on recommence à ouvertement accuser les Juifs de tous les mots on ne sait plus faire la différence entre une culture une religion une simple identité

(30:56) héritée même et les actions d'un gouvernement israélien ouvertement en extrême droite et dont les actions sont pour le moins discutables y compris d'ailleurs au sein de la société israélienne où il y a discussion et dire cela au passage ça ne veut pas dire que je soutiens ce que fait Israël en ce moment non c'est juste poter du doigt la confusion ambiante entre un individu d'un côté et les actions d'un état de l'autre c'est aussi noté qu'une partie de l'humanité affirme ouvertement vouloir tuer les Juifs et ça ne concerne

(31:27) évidemment pas que les Juifs j'en parle parce que c'est dans l'actualité ça concerne aussi les wikours ça concerne les roinga ça concerne les TSI ou Burundi ça concerne les yaasidis en iracle et et les Palestiniens donc à Gaza zveg évoque cette dynamique qui mène à la haine des communautés envers d'autres communautés au point de vouloir les chasser ou même de les détruire il évoque d'abord une époque de tolérance il s'en souvient et je vous cite encore un un court passage dans lequel il parle du fait que lui-même en tant que juif avait pu lors de ses de son époque

(32:02) d'étudiant ne absolument pas être discriminé c'est pas page 42 je dois personnellement reconnaître que ni à l'école ni à l'université ni dans le monde littéraire nul ne m'a jamais suscité le moindre embarras ou témoigner le moindre mépris parce que j'étais juif la haine entre les pays les peuples les couches sociales ne s'étalait pas quotidiennement dans les journaux elle ne divisait pas encore les hommes et les nations l'odieux instinct du troupeau de la masse n'avait pas encore la puissance répugnante qu'il a acquise depuis dans

(32:32) la vie publique la liberté d'action dans le privé allait de soi à un point qui serait à peine concevable aujourd'hui on ne méprisait pas la tolérance comme un signe de molesse et de faiblesse on la prisait très haut comme une force éthique donc là encore ça devrait nous évoquer quelques discours ou quelques tendances qu'on a aujourd'hui à caricaturer des gens qui cherchent à être dans la mesure dans l'ouverture d'esprit dans la dans la tolérance dans un autre chapitre il se remémore l'embrigadement de ses contemporains en fait comment ça bascule il parle de la solidification en quelque

(33:08) sorte des opinions au point qu'il ne servait plus à rien en fait de vouloir débattre pass 279 peu à peu au cours de ces premières années de la guerre de 1914 il devint impossible d'échanger avec quiconque une parole raisonnable les plus pacifiques les plus débonè étaient enivrés par les vapeurs de des amis que j'avais toujours connu comme des individualistes déterminés voire comme des anarchistes intellectuels s'étaient transformés du jour au lendemain en patriote fanatique et de patriote en annexioniste

(33:40) insatiable toutes les conversations se terminaient par des phrases aussi Sates que celles-ci qui ne sait haïr ne sait pas non plus aimer vraiment ou encore par de grossières accusations des camarades avec qui je n'avais jamais eu de querell depuis des années m'accuser avec la dernière rudesse de n'être plus un Autrichien je n'avais qu'aller là-bas en France ou en Belgique ils insinuaient même prudemment que l'on devrait en fait dénoncer aux autorités des opinions comme celles que cette guerre était un crime car les défétistes ce beau mot venait d'être inventé en France étai les

(34:12) pires criminels envers la patrie il ne restait dès lors qu'une chose à faire se replier sur soi-même et se taire aussi longtemps que durerait la fièvre et le délire des autres au passage pour l'anecdote c'est c'est un extrait qui a donneré le titre à une série qui est diffusée sur Canal Plus en ce moment donc qui s'appelle la fièvre et qui traite de ce sujet important qui est la montée des des peurs et et des haines communautaires tout ceci arrive sans crier gare petit à petit mais ça n'arrive pas tout seul il y a des forces à la manœuvre comme aujourd'hui alors

(34:50) que la propagande russe par exemple pour ne citer qu'elle fait rage en France et que je l'observe chaque jour faire des ravages sur les réseaux sociaux y compris sur ma propre chaîne YouTube sur certains sur certaines vidéos B comme aujourd'hui en fait il y a une une évolution et une évolution qui parfois est un peu insidieuse qu'on doit pas forcément venir dans ce passage que je vais vous lire il évoque la stratégie de manipulation des masses mises en place par les nazis qui suivent la stratégie en quelque sorte de gobbles page

(35:23) 426 car le national socialisme avec sa technique de l'imposture dénué de scrupules se gardait bien de montrer tout le caractère radical de ses visés avant qu'on eut endurci le monde ils appliquaient leurs méthodes avec prudence on procédait par doses successives et on ménageait une petite pause après chaque dose on n'administrait jamais qu'une pilule à la fois puis on attendait un moment pour voir si elle n'avait pas été trop forte si la conscience universelle supportait encore cette dose et comme la conscience

(35:51) européenne pour le malheur et la honte de notre civilisation soulignit en toute hâte que cela ne la concernait en rien puisque' aussi bien ces acte de violence se passait de l'autre côté de la frontière les doses se firent de plus en plus fortes jusqu'à ce qu'à la fin toute l'Europe en périt hitler n'a rien inventé de plus génial que cette tactique consistant à sonder lentement l'opinion mondiale et à aggraver sans cesse et progressivement ses mesures contre une Europe de plus en plus faible moralement et bientôt aussi militairement et c'est aussi en application de cette méthode du

(36:19) tâtonnement que fut exécuté l'action visant à étouffer en Allemagne toute parole libre et à faire disparaître tout ouvrage indépendant qu'il avait décidé depuis longtemps dans sont fort antérieur donc on voit comment là où on peut avoir des événements soudains il peut aussi avoir des choses qui qui se préparent progressivement et qu'on ne voit pas venir donc ça invite aussi à à regarder un peu mieux quels sont les les dynamiques actuelles alors ce ne sont pas les mêmes ressorts en Europe aujourd'hui même si on peut retrouver ce qui est évoqué par dans d'autres régions du monde assez clairement aujourd'hui en

(36:55) Europe on nassiste pas à une extrême et soudaine des nationalismes qui risquerait de nous refaire immédiatement replonger je ne crois pas que nous en soyons à imaginer une guerre entre pays européens même si un risque de détérioration est toujours présent et que il y a une tendance mais c'est d'ailleurs pour cette raison que moi je reste fondamentalement procstruction européenne même si c'est imparfait et que je crois avoir conscience des nombreuses questions qu'elle pose mais parce que pour moi cette union donc même

(37:24) bancale vaut mieux que de s'étriper à chaque génération et pour pour le moment quoi qu'on en dise il me semble que la construction européenne l'Union européenne va contribuer à la détente entre les nations européennes ne serait-ce que parce que structurellement bah elle oblige au dialogue elle oblige à travailler l'art du compromis mais d'une part ça veut pas dire qu'il ne faut pas se méfier de la petite musique du repli sur soi de de l'appel à la fermeture des frontières de d'accusation des autres de tous les mots du communautarisme de la logique aussi

(37:55) d'essentialisation des groupes en tout genre parfois d'ailleurs avec l'intention louable mais aussi un peu glissante de séparer nettement les bourreaux des victimes de tracer des lignes franches et continue là où on devrait mettre peut-être des pointillers et chercher un peu du lien de la complexité il y a une tendance à la séparation qui me paraît personnellement être comment dire une impasse et d'autre part j'imagine que vous l'avez remarqué bah l'Europe n'est plus au centre du jeu des nations elle pèe plus bien lourd

(38:25) démographiquement elle est vieillissante elle est dépendante des États-Unis pour sa défense bref elle a plus vraiment les atouts de la puissance hormis peut-être un grand marché commun et c'est donc que ce qui se passe au sein des nouvelles grandes puissances actuelles et des puissances montantes en Chine au Moyen-Orient en Russie pas nouvelle certes mais en Inde aux États-Unis que se décidera la suite de la partie mondiale et là c'est un peu plus inquiétant ça évoque tout de même des pages sombres de l'histoire même si effectivement on on pourrait passer du temps sur sur sur l'Europe mais ce qu'on

(38:59) voit c'est qu'on a quand même des dirigeants béliqueux qu'on a une manipulation organisée des des opinion c'est évidemment en Chine le cas en Inde de plus en plus on se demande si c'est encore une démocratie d'ailleurs et puis on a des outils de contrôle inédit et un désir de conquête un désir de puissance le tout spoudrait par la propension des hommes et des femmes à se laisser entraîner on pourrait ici relire le le passage d'ailleurs sur l'excès de puissance qu'à diagnostiquer sveg mais je vous lis un autre extrait sur

(39:32) l'entrain avec lequel on peut partir en guerre lorsque la folie s'emparé des foules ça parle de la Première Guerre mondiale mais on peut imaginer la psychologie ensite des foules lors du défidé du 3è rich on peut se projeter aussi lors des meetings des gardes rouges de la Révolution culturelle ou plus prosaïquement toute proportion gardé évidemment lors des rassemblements de supporters de foot prêt en découdre avec la partie adverse parce que porte pas le même c'est un passage qui parle du lendemain de la déclaration de guerre de

(40:05) 1914 le lendemain matin en Autriche dans chaque station étaient collé les affiches qui avaient annoncé la mobilisation générale les trains se remplissaient de recru qui allaient prendre leur service des drapeaux flottés à Vienne la musique raisonnait et je trouvais toute la ville en délire la première crainte qu'inpirit la guerre que personne n'avait voulu ni les peuples ni le gouvernement cette guerre qui avait glissé contre leur propre intention des mains maladroites des diplomates qui ont joué et bluffé

(40:30) s'était retourné en un subit d'enthousiasme des cortèges se formaient dans les rues partout sélevé sousin des drapeaux s'agitaent des rubans montaient des musiques les jeunes recrus s'avançaient en triomphe visage rayonnant parce qu'on poussait des cris d'allégresse sur leur passage à eux les petites gens de la vie quotidienne que personne d'habitude ne remarquait ni ne fêtait je dois la vérité d'avouer que dans cette première levée des masses il y avait quelque chose de grandiose d'entraînant et même de séduisant à quoi il était difficile de se soustraire et malgré toute ma haine et toute mon

(40:59) horreur de la guerre je ne voudrais pas être privé dans ma vie du souvenir de ces premiers jours ces milliers et ces centaines de milliers d'hommes sentaient comme jamais ce qu'ils auraient dû mieux sentir en temps de paix à quel point ils étaient solidaires une ville de 2 millions d'habitants un pays de près de 50 millions éprouvait à cette heure qu'il participait à l'histoire universelle qu'il vivait un moment qui ne reviendrait plus jamais et que chacun était appelé à jeter son moi infime dans cette masse ardente pour s'y purifier de

(41:27) tout égoïsme toutes les différences de rang de langue de classe de religion étaient submergé pour cet unique instant par le sentiment débordant de la fraternité des inconnus se parlaient dans la rue des gens qui s'étaient évités pendant des années se serrer la main partout o on voyait des visages animés chaque individu éprouvait un accroissement de son moi il n'était plus l'homme isolé de la guerre il était incorporé à une masse il était le peuple et sa personne jusqu'àors insignifiante avait pris un sens le petit employé de la poste qui d'ordinaire ne faisait que

(41:57) triait des lettres du matin au soir qui triait et triait sans interruption du lundi au samedi le commis aux écritures le cordonnier avait soudain dans la vie une autre perspective une perspective romantique il pouvaent devenir des héros les femmes célébraient déjà tous ceux qui portter un uniforme et ceux qui restaient les saluer avec vénération par avance de ce nom romantique ils appréciaient la puissance inconnue qui les arrachai à leur existence quotidienne même l'affliction des mères la crainte des femmes sentiment par trop

(42:28) naturel avait honte de se manifester à l'heure de ses premiers débordements d'enthousiasme mais peut-être une puissance plus profonde plus mystérieuse était-elle aussi à l'œuvre sous cette ivresse cette houle se répandit si puissamment si subitement sur l'humanité que recouvrant la surface de son écume elle arracha des ténèbres de l'inconscient pour les tirer au jour les tendances obscures les instincts primitifs de la bête humaine ce que Freud avec sa profondeur de vue appelait le dégoût de la culture le besoin de s'évader une bonne du monde bourgeois

(42:58) des lois et des paragraphes et d'assouvir les instincts sanguinaires immémoriaux peut-être ces puissants obscurs avaient-elles aussi leur part dans cette brutale ivresse où tout se mêlit la joie du sacrifice et l'alcool le goût de l'aventure et la foi la plus pure la vieille magie des drapeaux et des discours patriotiques cette inquiétante ivresse de millions d'êtres qu'on peut à peine peindre avec des mots et qui donnait pour un instant au plus grand crime de notre époque un élan sauvage et presque irrésistible

(43:28) donc on voit comment une une foule se met en mouvement et d'ailleurs je renvoie au passage sur vers mon interview de My mousaï j'avais parlé ce sujet donc épisode 54 je voudrais revenir un peu sur l'idée de d'indolence et d'insouciance face à la catastrophe qui arrive les Européens n'ont donc pas vu venir le chaos et d'abord parce qu'ils ne croyaient pas à la possibilité du chaos que bah pourtant ils ont fini par créer tout seul et je vous lis notre citation un autre passage on croyait aussi peu à des rechutes vers la barbarie telles que des guerres entre les peuples d'Europe qu'au spectrre ou aux sorciers nos pères étaient tout

(44:06) pénétrés de leur confiance au piniâre dans le pouvoir infaillible de ces forces de liaison quiétait la tolérance et l'esprit de conciliation ils pensaient sincèrement que les frontières des divergences entre nations et confessions se fondraaient peu à peu dans une humanité commune et qu'ainsi la paix et la sécurité les plus précieux des biens seraient imparti à tout le genre humain ici on peut faire je pense un parallèle peut-être un peu osé mais moi qui me semble quand même plausible entre notre incapacité à prendre au sérieux la tendance dramatique totalement flippante

(44:38) liée à l'écologie c'est-à-dire à la déstabilisation du système terre on va dire même si le phénomène est évidemment plus complexe et peut-être même plus pernicieux je vais pas revenir dessus ici mais je vous renvoie à mes derniers épisodes nombreux épisodes un peu sur le sujet notamment la dernière conversation avec Arthur Keller sur notre dénis et il me semble aussi que on peut faire un parallèle dans cette idée que le notre croyance actuelle dans le progrès nous aveugle en tout cas on aveugle beaucoup et surtout que notre apparente tranquillité actuelle nous empêche aussi

(45:11) d'être lucide et je parle aussi pour pour moi c'est extrêmement difficile de vraiment prendre au sérieux la possibilité d'une catastrophe d'un changement de trajectoire radical tant que B on n' pas les choses sous le nez et c'est aussi que à chaque époque on retrouve cette tendance à traiter d'oiseau de malheur d'oiseau de mauvaise augure tout lanceur d'alerte fut-il à un expert renommé sur le sujet esveeg se souvient de la manière dont les pacifistes d'avant-gerre qui alertaient sur les horreurs possibles à venir étaient traité je cite un passage

(45:43) quiconque exprimait un doute les gênit dans leurs ailes patriotiques quiconque combattait la guerre dont eux-mêmes n'avaient pas à souffrir il le stigmatiser comme un traître ce sont toujours les mêmes l'éternel clique à travers les siècles qui a les lâches les prudents et faibles les plus humains pour demeurer eux-mêmes désemparés au moment de la catastrophe qu'ils avaient provoqué par leur légèreté et il revient sur sur cette idée un peu plus loin au à la veille de la Seconde Guerre mondiale et s'explique aussi son son comportement et la

(46:15) difficulté qu'il a avec ses anciens amis à à discuter dans un passage donc dans lequel il évoque la grande naïveté de ses amis juifsautrichiens par rapport à la montée du nazisme en 1937 mes amis s'étonnèrent de me voir revenir si tôt et si subitement mais comme ils se moquèrent de moi quand je leur dis mon inquiétude j'étais toujours le vieux Jérémie me disait-il en plaisantant ne savais-je donc pas que maintenant 100 % de la population autrichienne se tenait derrière schuchnig ils me vantèrent avec force détail les grandioses manifestations du Front Patriotique

(46:47) tandis qu'à Salzburg déjà j'avais remarqué que la plupart de ces manifestants ne portaient que pour la façade l'insigne réglementaire de leur unité fixé au col de leur vestes afin de ne pas compromettre leur situation alors que par prudence ils étaient déjà inscrits depuis longtemps à munique parmi les nationaux socialistes j'avais lu et écrit trop d'ouvrages historiques pour ne pas savoir que la grande masse roule toujours immédiatement du côté où se trouve le centre de gravité de la puissance du moment je savais que ces voix qui criaient aujourd'hui he schusnig hurleraient demain h Hitler

(47:20) mais tous ceux avec qui je parlais à Vienne montraient une sincère insouciance il s'invitaent mutuellement au smoking et en frac à des soirées sans se douter qu'il porterait bientôt la tenue des détenus des camps de concentration il prenait d'assaut les magasins pour les achats de Noël destiné à leur belle maison sans se douter que peu de mois après on les leur prendrait et les pillerait et cette éternelle insouciance de la vieille Vienne que j'avais tant aimé jusque-là et dont je traîne à vrai dire la nostalgie à travers toute mon existence cette

(47:50) insouciance que le poète national des viennois a un jour ramassé en un Axium concis il ne peut rien t'arriver pour la première fois me faisait mal mais peut-être après tout était-il plus sage que moi tous mes amis de Vienne car ils ne souffrirent tous les mots que quand ils fondirent réellement sur eux tandis que moi j'ai souffert par avance de mon malheur en imagination puis une seconde fois en réalité toujours est-il que je ne les comprenais plus et ne pouvait me faire comprendre d'eux après le deuxième jour je n'avertis plus personne pourquoi troubler des gens qui ne veulent pas se

(48:20) laisser inquiéter il y a au fond un un vrai questionnement sur eu sur ce que racontevec sur la capacité aussi à à convaincre des gens qui ne veulent pas être convaincus et on imagine le désespoir ou le sentiment d'impuissance que peuvent avoir ceux qui avec certitude voient venir des choses et essai d'alerter leurs contemporains et qui se retrouvent face à des des murs qui se retrouvent face à des oreilles fermées ou en tout cas une forme de de dénis et on voit qu'il y a des limites aussi à ce qu'on peut faire pour

(48:56) convaincre les gens qui ne veulent pas donc être convaincus qui sont convaincus par les par les masses qui ne voient pas la même chose que nous et qui qui préfère rester dans une forme de confort intellectuel et je pense que personne n'est immune à ça Z parle de bien d'autres choses dans ce livre notamment du thème récurrent de la condition d'apatride qui peut nous aider nous Européens possédant confortable passeport en tout cas parmi les Européens qui qui n'ont pas connu comment on va dire l'exil à nous

(49:30) imaginer ce que ça peut vouloir dire que de quitter son pays de force et je vais pas m'éendre sur le sujet mais je vais vous lire quand même une seule phrase cette affreuse condition d'apatriine qu'on ne saurait expliquer à qui n'a pas vécu n'était pas encore la mienne ce sentiment qui broie les nerfs de tituber dans le vide les yeux ouverts et de savoir que partout où on a pris pied on peut-être à chaque instant refoulé l'époque n'est pas la même et comme toujours le monde est vaste le monde est varié il n'y a pas qu'une seule manière de le regarder il y a une infinité d'angles une infinité de points de vue une infinité de vécu et donc

(50:06) celonù on regarde on peut avoir peur ou on peut être en joie sincèrement et et à raison sachant que par ailleurs faut se rappeler quelque chose c'est que la peur n'enlève pas le danger et que il faut toujours essayer d'en faire quelque chose mais sachant aussi que l'optimisme naïf n'est parfois pas non plus la posture la plus adaptée et l'équilibre entre les deux n'est pas simple à trouver je vous l'accorde et je cherche encore moi-même cet équilibre au quotidien en essayant malgré tout de trouver la joie et de ne pas passer mon temps à se soucier non plus des choses

(50:41) que je ne contrôle pas on a déjà parlé et je vous lis un passage donc qui est au début du livre dans le premier chapitre qui peut donner à réfléchir là-dessus il nous est aisé à nous les hommes d'aujourd'hui qui depuis longtemps avant retranché le mot urité de notre vocabulaire comme une chimère de railler le délire optimiste de cette génération aveuglée par l'idéalisme pour qu' le progrès technique de l'humanité devait entraîner fatalement une ascension morale tout aussi rapide nous qui avons appris dans le

(51:10) siècle nouveau à ne plus nous laisser étonner par aucune explosion de la bestialité collective nous qui attendons le chaque jour qui se lève des infamies pire encore que celle de la veille nous sommes nettement plus sceptiques quant à la possibilité d'une éducation morale des hommes nous avons dû donner raison à Freud quand il ne voyait dans notre culture qu'une mince coup que peuvent crever à chaque instant les forces destructrices du monde souterrain nous avons dû nous habituer peu à peu à vivre sans terre ferme sous nos pieds sans droit sans liberté sans sécurité depuis

(51:37) longtemps nous avons renoné pour notre existence à la religion de nos pères à leur foi en une élévation rapide et continue de l'humanité à nous qui avons été cruellement instruits cet optimisme prématuré semble assez dérisoire en regard de la catastrophe qui d'un seul coup nous a rejeté en dessa de 1000 années d'effort humains mais ce n'était qu'une folie une merveilleuse et folie que servaient nos pères plus humaines et plus féconde que les mots d'ordre d'aujourd'hui et chose étrange malgré toutes mes expériences et toutes mes déceptions quelque chose en moi ne peut

(52:07) s'en détacher complètement ce qu'un homme durant son enfance a pris dans son sang de l'air du temps ne saurait plus en être éliminé malgré tout ce qui chaque jour me hurle aux oreilles malgré tout ce que moi-même et d'innombrables compagnons d'infortune avons souffert d'humiliation et d'épreuve il ne m'est pas possible de renier tout à fait la foi de ma jeunesse en un nouveau redressement malgré tout malgré tout même de l'abîme de terreur nous allons aujourd'hui à tâon à demi augle l'âme bouleversée et brisée je ne cesse de relever les yeux vers ces anciennes

(52:37) constellations qui resplendissaient sur ma jeunesse et me console avec la confiance héritée de mes pères qu'un jour cette rechute ne paraîtra qu'un intervalle dans le rythme éternel d'une irrésistible progression voilà je m'arrête là le but c'est de vous donner envie de creuser ce point de vue sur une époque par vous-même pas de faire une analyse complexe de de ce magnifique texte je ne tire pas de conclusion simpliste sur ce qui se joue aujourd'hui dans le monde pas même sur ce qui se joue en Europe

(53:07) voilà ça donne une perspective historique sur certaines tendances humaines et personnellement moi ça m'aide aussi à prendre du recul sur l'information quotidienne qui arrive jusqu'à moi quoi qu'il en soit ça fait partie de ces lectures qui nourrissent ma propre réflexion et je partage un petit bout de tout ça avec vous j'espère que ce type de formma vous PL c'est évidemment encore plus de travail pour moi que de préparer une interview mais je trouve que c'est aussi intéressant de varier les plaisirs en quelque sorte et de faire parler ces grands auteurs et

(53:37) ces grands penseurs qui ne bah qui ne sont plus parmi nous et donc je n'ai a priori aucune chance d'interviewer si effectivement vous appréciez dites-le-moi en commentaire vous pouvez le partager sur le discord ou m'envoyer un email j'essaie toujours de répondre même si parfois ça prend du temps je m'en excuse et pour soutenir sismiic bah comme toujours vous pouvez laisser une étoile en commentaire sur les plateformes en parler autour de vous prochain dîner entre amis ou sur les réseaux sociaux ou encore bah me faire un un don et j'en profite une nouvelle

(54:07) fois pour remercier celles et ceux qui qui on me donne chaque mois ou qui m'ont donné une fois même 1 € c'est déjà super important pour moi et sans vous je ne pourrais pas continuer ce que je fais en y passant autant de temps donc un très grand merci merci pour votre écoute merci pour votre soutien merci aussi pour votre ouverture d'esprit et à très vite changer le monde quelle drôle d'idée il est très bien comme ça le monde pourrait changer

Soutenez Sismique

Sismique existe grâce à ses donateurs. Aidez-moi à poursuivre cette enquête en toute indépendance.

Merci pour votre générosité ❤️

Nouveaux podcasts

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez les nouveaux épisodes directement dans votre boîte mail

S'inscrire à la newsletter

Communauté Discord

Rejoignez une communauté de plus de 2000 membres

Participez aux discussions et échangez avec les autres auditeurs

Rejoindre Discord

Voici le lien vers l'offre Cyberghost, mon partenaire du mois